"Accepter de supporter indéfiniment le poids d’un crime qu’on n'a pas commis, porter injustement le qualificatif de « criminel de génocide » sans clamer son innocence est une entorse à la recherche de la vérité"

 
 

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Nouveau livre de Nahimana F.: Le Combat pour la vérité

 

A paraître : En librairies dès lundi 12 septembre 2011.

Nahimana Ferdinand : Le Combat pour la vérité. Editions Sources du Nil, septembre 2011. 128 pp. Prix: 10 euros.

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Quelques extraits du nouveau livre de Ferdinand Nahimana

Prisonnier politique détenu par l’ONU depuis 1996, Ferdinand Nahimana est docteur en histoire, ancien professeur à l’université nationale du Rwanda et ancien directeur de l’Office rwandais d’information. Ce livre est le fruit de sa réflexion continue sur les voies susceptibles de sortir son pays des cycles de violence. Il a achevé de l’écrire le 15/06/2010 dans la prison du TPIR à Koulikoro au Mali.

Dans son livre, l'auteur "interpelle davantage les élites embourbées dans les haines et les conflits interethniques, dans le régionalisme et les égoïsmes générateurs de politiques d’exclusion. Je veux faire comprendre que le Rwanda des trois élites est voué à l’échec au détriment du peuple tout entier. Il faut une élite nationale décidée à briser la culture rampante des barrières pour faire entrer la nation rwandaise et son peuple dans une ère nouvelle. Cette élite doit s’atteler à la recherche de la vérité sur les crises successives, surtout sur les événements sanglants qui émaillent l’histoire du Rwanda".

Devoir de se battre pour la vérité

Dans son introduction, Nahimana dit : « je me suis profondément senti dans le devoir de me battre pour la vérité et d’attaquer frontalement le procureur et ses témoins menteurs en leur opposant des arguments et éléments de preuve irréfutables ».

Il affirme que la vérité est manipulée en vue d’anéantir l’adversaire

« L’histoire du Rwanda de ces dernières décennies est émaillée de terribles événements dramatiques. Leurs vrais auteurs et acteurs principaux jouent sur l’émoi, l’effroi et la désolation consécutifs aux nombreuses pertes de vies humaines et aux mouvements de populations pour propager et asseoir leur propre version des faits. Bien préparés avant le déclenchement de la tragédie, ayant même prévu la succession des épisodes, ils soignent leur discours et fixent la position du public par une certaine logique apparente. Ils se mettent à l’abri des soupçons et des poursuites judiciaires en désignant leurs adversaires comme auteurs de l’innommable et en confectionnant eux-mêmes des preuves à charge contre eux. Ces drames ayant été chaque fois le résultat de la lutte entre les élites soit pour la conquête de pouvoir, soit pour sa conservation, pareil agissement s’inscrit dans la volonté d’humilier et même d’anéantir leurs opposants encore en vie. Le lendemain du génocide de 1994 confirme cette réalité ».

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« Les membres de l’élite hutu exilée sont également pourchassés et empêchés de vivre tranquillement leur vie de réfugiés. Plusieurs ont été massacrés avec des centaines de milliers de leurs compatriotes par l’armée du FPR au Congo, d’autres ont été assassinés par les escadrons de la mort déployés dans plusieurs pays africains et occidentaux. Les rescapés vivent dans la peur d’être les prochaines victimes ou de figurer sur des « listes sauvages de génocidaires » dressées par Kigali et propagées à travers le monde ».

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Témoignages fabriquées et/ou achetés

‘’Le contenu de la « déclaration de témoin » écrite et signée à Paris, le 25 avril 1999, par José Kagabo, universitaire Tutsi enseignant à l’Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris, originaire de Ngoma, localité de la ville de Butare dans le sud du Rwanda, est éclairant[1]. J’ai été la cible privilégiée parce que, selon lui, je suis un brillant universitaire historien originaire du nord capable « de rivaliser de rhétorique avec les intellectuels issus d’autres régions ».’’

Le grand complot : la Grande Bretagne et les USA impliqués, la France de Sarkozy obligée de suivre ses alliés.

« Ainsi, avant l’invasion du Rwanda par le FPR, le 1er octobre 1990, Museveni fraichement installé au pouvoir en Uganda a constitué au sein de l’armée ougandaise plusieurs bataillons de réfugiés Tutsi rwandais. Des instructeurs américains et britanniques se sont particulièrement occupés de leur encadrement et de leur formation militaires. De nombreux officiers et sous-officiers Tutsi rwandais munis de passeports ougandais ont été accueillis dans les académies et écoles militaires aux Etats Unis et en Grande Bretagne. En même temps, ces pays ont chargé leurs agents de confiance de repérer parmi les réfugiés tutsi vivant sur leur sol des hommes et des femmes aptes à mener une campagne idéologique et politique tous azimuts, à convaincre leurs congénères de partout à s’impliquer par tous les moyens dans la conquête de pouvoir au Rwanda, dans l’anéantissement total du système en place et dans son remplacement par le nouvel ordre pensé par Washington et Londres. Roger Winter, directeur de US Committee for Refugies, fut particulièrement actif dans cette croisade[2]. Il a étroitement travaillé avec Alexandre Kimenyi, professeur à l’université de Sacramento, un des fondateurs et dirigeants du journal “Impuruza” par lequel lui-même, José Kagabo et plusieurs autres intellectuels de la diaspora tutsi ont appelé les réfugiés Tutsi du monde entier à se lever comme un seul homme, à prendre les armes, à éliminer les Hutu, surtout leurs dirigeants, à contraindre les rescapés à l’exil. Les numéros 14, 15 et 17 de ce journal illustrent bien cette triste réalité: la planification de l’extermination en tout ou en partie de membres d’un groupe ethnique, ici les Hutu. »

En effet, l’administration américaine et le gouvernement britannique font tout pour protéger les responsables militaires et politiques du FPR contre toute forme de poursuite judiciaire. Ainsi, ils ont toujours empêché la publication des rapports d’enquête dans lesquels les crimes de ce front sont recensés sur la base de preuves irréfutables recueillies directement sur le terrain auprès des victimes et des exécutants d’ordres. Quand ils ont été informés de l’intention de Madame Carla del Ponte, procureure du TPIR, d’inculper quelques membres de ce front pour les crimes relevés par une équipe spéciale d’investigations créée au sein de son service, l’administration américaine représentée par l’ambassadeur Richard Prosper et l’administration britannique représentée par Monsieur Strauw en personne, ministre des affaires étrangères, l’ont menacée et l’ont contrainte à démissionner de son poste. Utilisant leurs hommes et femmes évoluant au sein du système français, ils sont parvenus à lever des journalistes, des associations de défense des droits de l’homme, des universitaires et quelques hauts dignitaires de la République française contre les mandats d’arrêt internationaux délivrés par le juge français Jean-Louis Bruguière contre 9 personnalités militaires et politiques proches du général Paul Kagame présumées responsables de l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana dans lequel trois citoyens français ont péri, acte terroriste considéré comme le déclencheur du génocide d’avril-juillet 1994. Ils ont poussé le président Sarkozy à rétablir les relations diplomatiques entre le Rwanda et la France rompues par Kigali le 24 novembre 2006 à la suite de l’émission de ces mandats. Claude Guéant, secrétaire général de la Présidence de la République française, son envoyé spécial auprès du président Paul Kagame a déclaré le 29 novembre 2009, après avoir obtenu de ce dernier l’accord de reprise effective et immédiate de ces relations:

Le Rwanda a un grand rôle à jouer dans cette région en termes de développement et de sécurité. C’est aussi un exemple de bonne gouvernance pour l'ensemble de l'Afrique. Pour cette raison, la France a décidé de soutenir le Rwanda.

Par ces trois phrases prononcées par l’envoyé spécial du Chef de l’Etat français, la France s’est rangée derrière les Etats Unis et la Grande Bretagne; elle a accepté officiellement de faire partie d’une grande entreprise de déstabilisation, de pillage de ressources du sol et du sous-sol, de destruction de vies humaines menée par le FPR depuis le 1er octobre 1990 dans la région des Grands lacs, spécialement au Rwanda et en République démocratique du Congo. La France a cautionné les actes du régime de Kigali totalement opposés au développement et à la sécurité de cette région. Elle s’est engagée à soutenir des pratiques de gouvernement contraires à la démocratie et aux valeurs fondamentales défendues par le peuple français: (a) la liberté d’opinion et d’association n’existe pas au Rwanda; (b) l’égalité n’est pas connue dans ce pays où les Tutsi anglophones sont supérieurs aux Tutsi venus du système francophone, où les Tutsi rentrés d’exil sont mieux servis que les Tutsi non exilés, où le petit éleveur Tutsi de colline compte plus qu’un enseignant Hutu muni de diplôme d’instituteur, où la masse paysanne (plus de 90% de la population) vit dans la misère criante pendant qu’une poignée d’hommes et de femmes d’affaires, de parlementaires et de ministres gracieusement payés vit dans l’opulence et ne se soucie pas du développement pour tous; (c) la fraternité ne figure pas dans le vocabulaire de Paul Kagame et de son gouvernement. Si le président Nicolas Sarkozy, Claude Guéant et Bernard Kouchner étaient sincères et souhaitaient du bien à l’Afrique, ils ne lui proposeraient pas le modèle rwandais actuel. Ils n’inviteraient surtout pas les Africains et leurs dirigeants à suivre l’exemple de gestion et de gouvernement de Paul Kagame. Au contraire, ils demanderaient à ce dernier de changer radicalement sa façon de diriger le pays; ils lui exigeraient de permettre à ses citoyens de jouir pleinement de tous leurs droits en totale égalité, de laisser les personnalités de son entourage recherchées par la justice répondre de leurs actes, de s’engager personnellement à laisser la vérité sur le drame rwandais se dire, de la dire lui aussi même devant les juges et de respecter les décisions de justice prises à son égard. Au lieu de cela, la France se réjouit d’être elle aussi enfin aux côtés de Paul Kagame, le « grand criminel encore au pouvoir ».

Le jour même du rétablissement des relations diplomatiques entre Kigali et Paris, Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangères a déclaré sur iTélé: « Le normal est rétabli […]

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Industrie du mensonge.

Pour être performants dans l’accusation et donner une apparence de crédibilité, ils se sont organisés en associations chargées d’allonger sans cesse ces listes, de constituer des équipes de témoins à proposer au TPIR, de confectionner des déclarations-témoignages, d’entraîner les témoins à les mémoriser et à les déclamer devant les juges de ce tribunal. Ils ont également étudié jusque dans le moindre détail comment placer des agents Tutsi dans le système TPIR afin de suivre ses plans et son fonctionnement, d’intéresser son personnel à la cause Tutsi, d’influencer ses décisions et d’informer la direction du FPR des orientations pouvant lui causer quelques préjudices. Deux associations se sont illustrées dans cette besogne: Ibuka et Avega. Elles se sont chargées d’encadrer les enquêteurs du bureau du procureur du TPIR, de leur faire visiter les sites des massacres, de désigner les victimes (uniquement les Tutsi) et les bourreaux (uniquement les Hutu), de leur présenter les témoins à charge. Toute l’étape préparatoire à la mise en accusation a été réalisée de manière à aboutir à cette unique conclusion: les Tutsi ont été massacrés par les Hutu sur ordres de leurs dirigeants et selon un plan préalablement arrêté visant l’extermination de membres du groupe ethnique tutsi. Aucun espace n’a été réservé au massacre de Hutu par les Tutsi du FPR, surtout par les hommes et les femmes en uniformes sous le commandement du général Paul Kagame.


[1] Cette déclaration de José Kagabo se retrouve dans les archives du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) sis à Arusha en Tanzanie, sous la cote 14893bis – 14885bis.

 

[2] Le président Paul Kagame l’a décoré en reconnaissance de son engagement en faveur de la prise de pouvoir par le FPR au Rwanda. Roger Winter est resté le soutien indéfectible de Kagame et de son gouvernement même durant les guerres qu’ils ont menées au Congo à partir de 1996 au cours desquelles leurs soldats ont commis les pires crimes contre l’humanité, y compris le génocide contre les réfugiés Hutu rwandais et les Hutu congolais.

A lire absolument …

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www.rwamucyo.com, 08.09.2011

 

 


 

 

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