"Accepter de supporter indéfiniment le poids d’un crime qu’on n'a pas commis, porter injustement le qualificatif de « criminel de génocide » sans clamer son innocence est une entorse à la recherche de la vérité"

 
 

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Numéro 390 - Burundi - Pierre Nkurunziza renonce à un 3e mandat en 2015

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BURUNDI

Pierre Nkurunziza renonce à un 3e mandat en 2015

Pascal Ratugiyimana  depuis Bujumbura

Les bonnes nouvelles, en Afrique, ne sont pas si nombreuses, pour qu’on laisse celle-ci passer, sans en dire un mot. C’est, début avril que votre magazine préféré faisait la Une de son numéro double 388-389 du 1er au 30 avril 2014, sous le titre : « Burundi : Jusqu’où ira Pierre Nkurunziza pour un 3e mandat » ? Une dizaine de jours, plus tard, à peine, on a la réponse à cette question qui hantait les esprits des Burundais. Pierre (pour les intimes) n’ira pas.

Après les cérémonies du 20e anniversaire du génocide rwandais, à Kigali, l’envoyée spéciale de Barack Obama, à cette cérémonie, Samantha Power, qui y avait pris part, a couru, du côté de Bujumbura, pour rencontrer, le président du Burundi, Pierre Nkurunziza. Ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations-Unies, Samantha Power était allée, spécialement, au Burundi, dans le but d’appeler au principe du respect de la constitution et des droits de l’homme. Les Etats-Unis, a-t-elle déclaré, sont inquiets, voire, préoccupés par la recrudescence des violences politiques et le rétrécissement de l’espace démocratique au Burundi. Et l’Américaine ne sachant pas manier la langue de bois, a asséné l’autre vérité que les Burundais attendaient, à savoir, que, les Etats-Unis demandent au président, Pierre Nkurunziza, de respecter la constitution pour qu’il devienne un modèle, en Afrique des Grands Lacs. Ce langage qu’a tenu l’ambassadrice des Etats-Unis, le 8 avril, au Palais de la présidence, à Bujumbura, au maître des lieux, est, exactement, le même que celui que tient, régulièrement, Russ Feingold, l’envoyé spécial de Barack Obama, auprès des Grands Lacs. « Ce n’est pas une bonne pratique de modifier la constitution simplement pour le bénéfice de celui ou de ceux qui sont au pouvoir. La RDC, le Rwanda et le Burundi, se trouvent, en plein processus électoral, et la tentation de modifier la constitution, est grande dans ces trois pays des Grands Lacs. Ce que j’espère, c’est que chacun de ces dirigeants va voir à quel point c’est important que leur constitution soir respectée. Nous verrons comment y répondre si la situation se présente », affirmait-il, en mars, sur RFI, avant d’ajouter que l’administration Obama qu’il représente dans les Grands Lacs, ne soutient pas les « hommes forts » mais des « administrations fortes », en Afrique.

Pierre Nkurunziza a reçu ce message 5/5, et a rassuré Samantha Power : « L’actuelle constitution régira les élections de 2015 », a souligné le président Pierre Nkurunziza. Autrement dit, il n’y aura pas de référendum, pour apporter des touches nouvelles à la constitution, rendant sa candidature inéluctable. Pierre Nkurunziza a, par ailleurs, invité « tous les acteurs politiques, activistes de la société civile, ainsi que la communauté internationale, à apporter leur contribution afin que ces élections (de 2015) soient libres, apaisées et transparentes ». En langage codé, il retire son offre de candidature (qui n’est pas encore faite par son parti, le CNDD-FDD), sinon elle pourrait à nouveau déstabiliser le pays qui sort d’une très longue guerre civile, entre 1993 et 2006, qui a fait plus de 300.000 morts. Pour montrer que les propos du président (sortant) n’entraient pas dans les oreilles d’une sourde, Samantha Power a, immédiatement, relevé l’enveloppe de la participation des Etats-Unis à la préparation des dites élections. De 2,5 millions de dollars, initialement, prévus, la participation des Etats-Unis, pour permettre le bon déroulement des dites élections, va, désormais, s’élever à 10 millions de dollars. Il appartient, dès ce 8 avril 2014, où la clarification a été apportée dans les intentions de Pierre Nkurunziza, à la CNDD-FDD de se chercher un autre candidat, qui ait la capacité de faire conserver le pouvoir au parti. Nul doute que l’état-major du CNDD- FDD y réfléchit, déjà, assidûment.

Après avoir terminé avec Samantha Power, le président du Burundi a, immédiatement, reçu le ministre britannique pour l’Afrique, Mark Simmonds, venu lui soumettre, exactement, les mêmes préoccupations. Preuve que la guerre civile, au Burundi, a laissé de tristes souvenirs que personne ne veut plus revoir, ni à Washington, ni à Londres.

Pierre Nkurunziza devrait, normalement, se rendre au Sommet Etats-Unis/Afrique du début du mois d’août, à Washington, le cœur léger. Pour avoir manifesté la volonté de ne pas confisquer le pouvoir en se présentant, pour un 3e mandat, que n’autorise pas la constitution, il deviendrait un exemple à suivre, pour ses deux autres homologues des Grands Lacs, à savoir, le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, et le président du Rwanda, Paul Kagame. Qu’en dit Sassou Nguesso ?

Pascal Rutugiyimana

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www.rwamucyo.com, 05.05.2015

 


 

 

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