"Accepter de supporter indéfiniment le poids d’un crime qu’on n'a pas commis, porter injustement le qualificatif de « criminel de génocide » sans clamer son innocence est une entorse à la recherche de la vérité"
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Les Gacaca dictent les souvenirs et la mémoire collective
Ce dimanche 23 mai, dans le cadre de la conférence des avocats, section « médias », nous avons pu assister à la présentation de Mr Olivier Nyirubugara, doctorant en critiques de médias à Amsterdam. Son exposé : « When the Court Says What to Remember ».Ce qu’il nous a présenté est son travail de doctorat. Il a annoncé deux films qui font sursauter puisqu’il s’agissait d’un film de Anne Aghion sur les Gacaca, et ce film était passé à Bruxelles dans le cadre du festival des Libertés, voir plus bas. Un de mes amis que j’avais prévenu s’y était rendu, a assisté au débat et reparti dégoutté, son commentaire : « c’était de la propagande ». Cela se passait (film et débat) devant un public nombreux (environ cent personnes), très féminin et composé en presque en exclusivité de BBB - blancs belges- (voir l’annonce et les invités plus bas)......
A vous de juger les commentaires qui suivent:
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"Mon voisin, mon tueur"
Film américain en couleur, 2009, tout public
Durée : 1 h 20
Sélection officielle Cannes 2009 - Séance spéciale
Présentation
Comment accorder le pardon à ceux qui ont tué vos enfants ? En 1994, au Rwanda, des centaines de milliers de Hutu sont incités à exterminer la minorité Tutsi. De la capitale à la colline la plus retirée du pays, les 'patrouilles' locales Hutu, armées de machettes et d'autres outils improvisés, massacrent sans distinction parents, amis et proches. Sept ans plus tard, en 2001, le gouvernement met en place les Gacaca, des tribunaux de proximité dans lesquels les Rwandais des collines sont appelés à juger leurs voisins. Dans le cadre de cette expérience de réconciliation, les génocidaires ayant avoué leurs crimes sont relâchés, tandis que les survivants traumatisés sont invités à leur pardonner et à vivre à leurs côtés. Filmé sur près de dix ans sur une même colline, 'Mon Voisin, mon Tueur' retrace l'impact de ces Gacaca sur les survivants et les bourreaux.
Dans le cadre du festival des Libertés, LHAC en collaboration avec le Service Laïque de Coopération au Développement (SLCD), ont le plaisir de vous inviter à un Ciné-rencontre autour du documentaire d'Anne Anghion
Mon voisin, mon tueur
d'Anne Aghion
le vendredi 30 octobre à 20h15 au Théâtre National 111-115, bd. Emile Jacqmain 1000 Bruxelles
La projection sera suivie d’un débat animé par Ralph Coeckelberghs, président sortant du LHAC, en présence de la réalisatrice et avec comme invités:
Pierre Vincke, fondateur et ancien directeur de RCN «Justice et démocratie», Namuezi Fedi, responsable des programmes Rwanda et Burundi de Avocats Sans Frontières,
Esther Mujawayo, rescapée du génocide de 1994, co-fondatrice de l'association de veuves Avega-Agahozo, co-auteur de «SurVivantes: Rwanda, dix ans après le génocide» (éd. de l'Aube, 2004).
Synopsis
Comment accorder le pardon à ceux qui ont tué vos enfants? Sept ans après le génocide des Tutsi, le gouvernement rwandais met en place les Gacaca, des tribunaux de proximité dans lesquels les Rwandais des collines sont appelés à juger leurs voisins. Une expérience de réconciliation qui mêle les peurs et les colères, les accusations et les dénis, les vérités floues, l'inconsolable tristesse et l'espoir dans la vie retrouvée. Si les génocidaires avouent, les survivants sont invités à leur pardonner. Pendant presqu’une décennie, la réalisatrice Anne Anghion a enquêté dans les collines pour comprendre et saisir ce cheminement parcouru pour reconstruire sa vie et le réapprentissage de la vie ensemble.
Tiré du site: www.festivaldeslibertes.be
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2. Le précédent film de Madame Aghion (internet) :
Gacaca, revivre ensemble au Rwanda?
d'Anne Aghion
Film français en couleur, 2002, tout public
Durée : 33 h 22
Présentation
La tentative de réconciliation des Rwandais, huit ans après le génocide, à travers une forme de justice populaire, les Gacaca, juridictions mises en place par le nouveau gouvernement, et dont les origines remontent à la tradition précoloniale. Survivants et prisonniers se retrouvent face à face dans cette 'justice rendue sous les arbres'.
3. Le second film annoncé était « Rwanda, quand les collines parlent », de Bernard Bellefroid.
Au sujet de ce monsieur, un article du journal « Le soir » a annoncé récemment qu’après avoir reçu le prix du Festival de Namur en 2009, il préparait un nouvel film sur le Rwanda, une fiction.
Son premier film, film de fin d’études était un documentaire « Quand les collines parlent ». Voici ce qu’on trouve sur internet à ce sujet :
Rwanda, les collines parlent de Bernard Bellefroid
2006-03-01
Cette critique est parue dans le Webzine n°103
La Logique des bourreaux
Rwanda, les collines parlent
Bernard BellefroidSi vous ne savez pas ce qu’est la mauvaise foi, voilà un film qui vous l’apprendra une fois pour toutes. Rwanda, les collines parlent, de Bernard Bellefroid, est un film d’autant plus violent qu’il ne montre pas ce dont il parle. Pas de cadavres, d’ossements, d’enfants amputés, de fosses communes et autres images « choc » qu’ont diffusées les médias occidentaux sur le génocide du Rwanda. Le réalisateur, sans ajouter de commentaire, nous montre les tueurs face aux juges des tribunaux GACACA créés pour la réconciliation et l’unité de la population rwandaise. Ce dont il est question dans le film de Bernard Bellefroid, c’est de la parole des génocidaires et des parents de leurs victimes : une parole qui s'affronte et ne se recoupe pas. Il s’agit pourtant de voisins qui ont vécu ensemble les massacres et y ont survécu.
Trois exemples terriblement efficaces. Le premier, un repenti du nom d’Obede demande, sans broncher, pardon pour les crimes commis, mais refuse d’assumer le massacre d’enfants innocents dont l’accuse des voisins. Le grand-père des enfants le traite de menteur sans que ni lui, ni le tribunal ne bouge, sinon pour lui rappeler qu'il peut faire appel. Le tribunal est composé d’habitants du village, et pas moins de quatre membres de la famille d´Obede en font partie. Acquitté, après avoir passé près de sept ans en prison, il est contraint de donner du bétail à ses victimes. Quelques semaines plus tard, sans sa chemise rose de détenu, il conseille cyniquement à ses ex-codétenus de ne jamais se reconnaître seul coupable mais de se dissimuler derrière le collectif des tueurs. C’est la chanson bien connue du c’est pas moi c’est l’autre qui m'a entrainé. Enfantin ? Efficace ! Redoutablement efficace. Etonnez-vous si les parents des victimes proclament : « Ils s’innocentent mutuellement ».
Dans le second épisode, un homme âgé refuse de reconnaître la moindre faute malgré l’amoncellement de témoignages que le tribunal a recueilli. Son déni, dissimulé derrière de mythologiques serpents, est consternant. Comment la mémoire des crimes commis peut-elle se transmettre aux jeunes générations pour qu’elle ne se reproduise pas si les bourreaux campent dans le déni de la réalité ? La réconciliation n’a donc pas eu lieu. Il écope de vingt ans de prison.
Le troisième accusé est Tutsi et a tué son frère sous la menace d’être tué lui-même. Sa belle-sœur refuse de lui parler, estimant que, même sous la contrainte, le commandement « Tu ne tueras point » reste une obligation. C’est le seul des trois qui semble avoir intégré un peu de culpabilité mais ses proches restent inflexibles. Ils refusent de lui accorder leur pardon. Non réconciliés. La réconciliation est-elle possible lorsque la violence du génocide ne trouve pas de parole pour s’articuler ? Les bourreaux ont cette cruauté supplémentaire : ils sont sans mémoire et savent gérer l'oubli. Ils dénient, de manière récurrente, les faits que de nombreux témoignages corroborent.
Comment l’ampleur du désastre génocidaire peut-elle se transmettre si les tueurs n'assument pas leur responsabilité (oublions la culpabilité)? En en parlant, s’y confrontant, en publiant les témoignages, en brisant le silence. En réalisant un film comme celui de Bernard Bellefroid et en le diffusant. C’est aussi à cela que sert le cinéma : être une mémoire vivante.
Rwanda, les collines parlent est un film d’une grande sobriété. Il s’en tient, dans un système de champ/contrechamp, au dialogue impossible entre les bourreaux et les parents des victimes via les tribunaux de réconciliation. Sa grande force est d’avoir pu faire oublier aux différents protagonistes la présence d’une caméra. D’où l’intensité des témoignages et des interventions. Personne ne joue contrairement à ce qui se passe sur la scène des médias occidentaux. Un film dont les interrogations sur la fragilité de la mémoire et de ses enseignements vous poursuivent longtemps après l’avoir vu.
Jean-Michel Vlaeminckx
Sur La Deux/RTBF
Le film sera diffusé sur la deux/RTBF, le 26 mars à 20h45, le 30 mars à 13h30, sur Arte le 6 avril à 21h25.
4. Commentaires
Je n’ai pas vu les films mais je sais qu’ils sont orientés....Voyez les résumés.... dont ceci, repris plus haut : « Les bourreaux ont cette cruauté supplémentaire : ils sont sans mémoire et savent gérer l'oubli. Ils dénient, de manière récurrente, les faits que de nombreux témoignages corroborent. Comment l’ampleur du désastre génocidaire peut-elle se transmettre si les tueurs n'assument pas leur responsabilité (oublions la culpabilité)? En en parlant, s’y confrontant, en publiant les témoignages, en brisant le silence. En réalisant un film comme celui de Bernard Bellefroid et en le diffusant. C’est aussi à cela que sert le cinéma : être une mémoire vivante ».
Je verrai les films mais j’attire déjà votre attention sur ces faits..... et j’ajoute que l’article du journal Le soir, dont on connaît les positions plus que déconcertantes sur le Rwanda (via Mme C. Braeckman, H. Dorzée, etc...) était élogieux pour Mr Bellefroid. Il ne peut donc que correspondre à l’image que Le Soir a choisi de donner du Rwanda et donc encourager les agissements et les positions de ceux que l’on connaît.
Merci d’être attentifs à ceci.
Un participant à la Conférence.
www.rwamucyo.com, 26.05.2010
Reportage de la télévision TF1 sur le Dr Rwamucyo Eugène
"Etre libre, on ne le dira jamais assez, c'est vouloir aussi la liberté de l'autre, pour celui qui ne pense pas comme soi. C'est ne respirer soi-même largement que si l'on est assuré que l'autre n'étouffe pas dans un cachot." (Gabriel Marcel)
