"Accepter de supporter indéfiniment le poids d’un crime qu’on n'a pas commis, porter injustement le qualificatif de « criminel de génocide » sans clamer son innocence est une entorse à la recherche de la vérité"
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Le rapport de la discorde
Le génocide rwandais est une entreprise criminelle truffée de mensonges et de secrets que même le Tribunal international créé ad hoc en novembre 1994 et installé à Arusha en Tanzanie peine à démêler, le vrai du faux. Tellement ce crime odieux tétanise aussi bien les enquêteurs que les présumés coupables, de telle manière qu’on a l’impression de s’occuper de l’accessoire dans cette affaire, au lieu de livrer au monde l’essentiel pour le Rwanda et toute la région des Grands Lacs : la réconciliation dont ces peuples ont besoin. Le rapport Mustinzi, produit par un proche de Paul Kagame et truffé d’imprécisions et d’absurdités, creuse encore davantage le fossé de la discorde politico-ethnique qui déchire le Rwanda.
En effet, dire que les missiles qui ont abattu l’avion pour déclencher le génocide rwandais sont partis de l’enclos du chef de l’Etat revient à accuser les hutu de suicide sinon de parricide et cela est inacceptable. Laisser filtrer un sous-entendu qui accuse la première dame d’avoir ordonné cet attentat à la garde présidentielle, pour se faire veuve et en présence de ses enfants qui ont recueillis le corps déchiqueté de leur père dans leur jardin, aux fins de faire massacrer les tutsi, relève d’un cynisme démesuré et insupportable qu'il faut dénoncer.
Enquête confiée à Jean Mutsinzi Jean, homme du président et ami du procureur du TPIR
De source rwandaise bien informée (Site Rwanda Tribune-Ibukabose, 2008), Monsieur Jean Mutsinzi est un proche du président Paul Kagame, membre fondateur du FPR et ancien président de la Cour Suprême du FPR. Il a été longtemps juriste "zaïrois" à l'OUA dans les services de Sylvestre Nsanzimana, ancien secrétaire général adjoint de l'OUA. C’est de là qu’il fut en 1989, affecté à Banjul comme secrétaire de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples. C’est dans cette capitale gambienne qu'il a fait la connaissance de Hassan Jallow, procureur général puis ministre de la justice entre 1984 et 1994 dans ce pays. Mustinzi n’est donc pas étranger à l’arrivée de l’actuel procureur général du Tribunal pénal International pour le Rwanda. Le représentant de l'OUA à Banjoul et Jallow sont vite devenus des amis inséparables (magara). Tout Banjoul le sait.
Par la conclusion de son rapport, Monsieur Mustinzi Jean a été immédiatement gratifiée des services rendus par une nomination qui le renvoie présider la Cour Africaine des droits de l’homme dont il fut secrétaire par le passé, pour mieux pouvoir accompagner l’œuvre accompli jusqu’au bout de sa mission, à savoir, convaincre la communauté internationale du contenu du rapport portant son nom.
Un rapport truffé d’imprécisions et aux témoins non crédibles
On n’aura jamais lu un rapport d’experts «indépendants» dont la composition est déclinée sur du papier libre transplanté au début des textes compilés à la hâte (p2). On aura jamais vu une équipe d’experts dont on ne peut déterminer ni titres, ni qualifications et à défaut, leurs professions et par conséquent leurs présumée indépendance. On aura jamais lu un rapport d’experts qui dissimule ses sources.
En effet, si le rapport de 2 experts de Cranfield cite leurs commanditaires à l’annexe A de qui ils ont reçu les termes de référence en l’occurrence Mukama Augustin, la contre-expertise rwandaise ne dit rien de ce rapport anglais, ni dans son introduction, ni dans sa conclusion.
Les 7 contre - experts sont :
- Dr Mustinzi Jean (membre fondateur du FPR, ami de Hassan Jallow qu’il a connu alors qu’il était représentant de l’OUA en Gambie);
- Dr Bizimana Jean-Damascène (ancien séminariste père blanc à Toulouse, activiste du FPR, originaire de Cyanika à Gikongoro) ;
- Rugira Alice (fille Rugira Amandin) ;
- Mbabazi Judith ;
- Mukama Augustin ;
- Mugenzi Peter ;
- Nvamo Jean Baptiste ;
Il s'agit en somme d’une équipe de fonctionnaires assujettis aux ordres du chef, qui ont reçu mission de déformer et interpréter à leur façon, une autre enquête commandée pour la circonstance à l’académie militaire du royaume Uni, rapport dont le conseiller spécial du président Kagame, Tony BLAIR, n’est probablement pas étranger.
La grande énormité de ce rapport est qu’il est invraisemblable qu’un témoin crédible puisse, d’un endroit imprécis de l’aéroport ou de l’intérieur du camp Kanombe, ,voir ce qui se passe en dessous de la clôture de la résidence présidentielle de Kanombe. La contre-expertise n’aura pas de mal à démonter ces témoignages sortis de la fabrique FPR. Même le rapport des experts commandés de Londres émet des doutes sur plusieurs des témoignages. C’est sur base de ces approximations et contradictions et sans mobile avancé, que le rapport Mutsinzi tire sa conclusion aussi fausse que d’une légèreté insoutenable.
Comment un rapport sérieux pourrait ne pas discuter des sources écrites comme les témoignages des lieutenants Abdul J; Ruzibiza (Rwanda, l'histoire secrète. Ed. Panama, Paris 2005) et Aloys Ruyenzi (Paul Kagame, responsable de l'attentat contre l'avion de Habyarimana, 2004)
On l’aura compris, la commission de Jean Mutsinzi n’a rien d’indépendant. A l’exception de Mariane, les grands reporters du jour comme de nuit n’ont rien vu ou n’ont pas voulu dénoncer ces énormités plus que scandaleuses.
Josué M. Wamba
Neige – Soleil, France
www.rwamucyo.com, 12.01.2010
Reportage de la télévision TF1 sur le Dr Rwamucyo Eugène
"Etre libre, on ne le dira jamais assez, c'est vouloir aussi la liberté de l'autre, pour celui qui ne pense pas comme soi. C'est ne respirer soi-même largement que si l'on est assuré que l'autre n'étouffe pas dans un cachot." (Gabriel Marcel)
