"Accepter de supporter indéfiniment le poids d’un crime qu’on n'a pas commis, porter injustement le qualificatif de « criminel de génocide » sans clamer son innocence est une entorse à la recherche de la vérité"

 
 

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Le kagamisme et ses cibles de 1980 à 2010 : les nations, les familles ... Mme Habyarimana, Deo Mushayidi, Karamira

 

Mushayidi Deogratias

Mushayidi Deogratias

Le kagamisme est cette pratique du pouvoir de terroriser les nations et les familles des victimes qui tenteraient de refuser de servir la cause du Front patriotique rwandais actuellement au pouvoir au Rwanda depuis 1994. Avant que les nations et les familles entières soient décimés, une médiation d’urgence est nécessaire.

Terreur des nations

Le kagamisme finira par devenir une science exacte. Depuis les années 1980, les nations sont bousculées. L’Ouganda d’abord, le Rwanda ensuite et la République démocratique du Congo enfin, tous ces pays ont subi des guerres imposées par le tandem Museveni - Kagame. La France est le seul pays de l’occident qui a essayé de voler au secours des rwandais au pire moment de leur histoire, en envoyant une opération  turquoise de juin à aout 1994. Kagame n’a pas apprécié cette intervention. Même si la France n’a pas été militairement attaquée, le pouvoir de Kigali a diligenté une offensive diplomatique et médiatique sans précèdent, l’accusant de génocide dans un rapport commandé à un groupe de rwandais (Mucyo et cie) et de français (Jose Kagabo, Ibuka – France, CPCR…). Subissant des attaques frontales de la part d’un pouvoir décidé à en découdre depuis juillet 1994 jusque maintenant, les relations entre la France et le rwandais sont en cours de rétablissement sur fond d’un passif judiciaire qui met en cause les dignitaires de la junte au pouvoir.

De Kampala à Kinshasa, via Kigali

L’Ouganda conquis en 1986, le plan de conquête mûri, le Rwanda fut attaqué le 1er octobre 1990. A l’issue d’une guerre d’usure longue de 4 ans, un attentat terroriste contre l’avion du président Juvénal Habyarimana vint sonner le glas de la nation rwandaise le 6 avril 1994. Le génocide rwandais fut alors consommé le 4 juillet 1994 lorsque Monsieur Paul Kagame monta au pouvoir-trône du Rwanda, car il régna sous le gouvernement provisoire du Président Pasteur Bizimungu avant qu’il ne soit envoyé en prison par son tout-puissant vice-président, Paul Kagame. C’est sous ce règne qu’on a connu les pires pogroms dans toutes les parties du pays, et que le massacre des innocents se déroula sous les yeux des caméras à Kibeho en avril 1995.

Pour envahir le Congo, ce pays a eu droit à ses deux ou plutôt 3 guerres imposées par les mêmes Museveni de l’Ouganda et Kagame du Rwanda. Ces guerres et leurs atrocités (1996, 1998 …) se déroulent encore sous nos yeux et tout le monde connaît les auteurs et les commanditaires des crimes jamais condamnés et moins encore, punis. Cependant, on s’évertue à chercher les boucs émissaires, mais personne de lève le petit doigt pour obliger ces saigneurs de guerres de ramener leurs militaires dans leurs casernes. Non, j’oubliais qu’il n y a plus de casernes au Rwanda, car chacune des milles collines a droit à son triumnvirat de gouvernorat militaire qui vit aux dépends des villageois.

Déjà  en Ouganda, Paul Kagame semait la terreur dans les geôles de ce pays. Chef de la sécurité intérieure ougandaise, les méthodes d’exécution expéditive hantent encore les mémoires de ce peuple. C’est aussi de l’Ouganda que s’est préparé les guerres d’agression contre des nations entières. Remigius Kintu, un opposant ougandais actuellement réfugié en occident écrit dans « Terror incognito » : « Sous Museveni, l'Ouganda est devenu le quartier général d'une sinistre conspiration militaire des E.U. et de la Grande-Bretagne pour piller la région. Museveni est assuré de leur soutien pour poursuivre ses ambitions tribales aussi longtemps qu'il met en application le programme Anglo-Américain. La première phase en fut de ramener en Ouganda les Asiatiques de nationalité britannique afin de constituer une classe marchande; système qui tire son origine du colonialisme britannique. La Banque Mondiale et le FMI ont augmenté les crédits nécessaires à l'achat d'armes et à la mise sur pied d'une grande armée en vue des expéditions militaires sous les ordres des maîtres Américains et Britanniques. En conséquence, la Banque Mondiale (IDA) a jusqu'à présent donné à Museveni 1.8 milliards de dollars qui financèrent ces guerres parce qu'il n'y a rien d'autre qu'on puisse montrer à quoi cette somme aurait servi. Des camps d'entraînement furent créés en Ouganda pour des rebelles provenant du Rwanda, du Burundi, du Zaïre, du Soudan et du Kenya en vue d'une invasion définitive de leurs pays respectifs. Les E.U.forment leurs officiers dans le cadre du programme IMET ».

Cette thèse est confirmée par un homme qui a mis la main sur des documents ultra confidentiels Déogratias Mushayidi et coll. en ces termes : « contrairement à la thèse communément admise selon laquelle des soldats Tutsi membres de l'armée ougandaise auraient déserté pour attaquer le Rwanda, c’est plutôt l’Ouganda et non le FPR son instrument, qui prépara et mena la guerre contre le Rwanda à partir du 01 octobre 1990. Il s’agissait d’une véritable guerre d’agression menée par l’Etat ougandais contre l’Etat rwandais. Une agression caractérisée mais simulée en «guerre de libération» qui s'appuyait sur des revendications légitimes de la diaspora rwandaise à l’époque majoritairement tutsi et qui, solidement parrainée par les Etats-Unis d'Amérique et le Royaume-Uni, allait embraser durablement la région de l'Afrique des Grands Lacs. … Museveni avait toujours considéré les Hutu comme des «ennemis régionaux» et leur chef de file supposé être Juvénal Habyarimana comme l'obstacle majeur aux desseins de la «guerre de libération régionale». Un document ultra confidentiel décrit la situation en ces termes : «President Y.K. Museveni accepts all reports and plans. Before War starts J. Habyarimana should be killed as this will act as an immediate sparking force to the political disorder. More alternatives provided to accomplish assassination mission" [Preuve n°010]. «First Battalion of Lubiri Army Barracks under Capt. Kiyinyi will have to lead the assault on Rwandese territory with special artillery and gunships. No opposite tribe (Hutus) should be left on ground as this should be highly maintained. Hutus are regional enemies as expressed by liberation leader Y.K. Museveni under special agreements refer to Rwagitura meet enhanced by Major Paul Kagame, strictly special techniques to be embarked on in order not to attract international attention» [Preuve n°011]».

Dans le même document, Mushayidi Déo et coll exposent des preuves écrites qui démontrent la responsabilité de l’homme fort de Kigali dans l’attentat qui déclencha le génocide rwandais et par conséquent, déclare innocente la veuve de l’ex-président Juvénal  Habyarimana, victime de cet attentat. Le rapport Mucyo de novembre 2007 qui accuse la France ainsi que le rapport Mutsinzi de décembre 2009 que nous avons défini comme le rapport de la discorde ont évité d’y faire référence.

L’homme en possession de ces preuves accablantes pour le régime rwandais, Déogratias Mushayidi, repéré en Tanzanie en janvier 2010, devait être mis hors d’état de nuire.

 

Terreur contre les familles rwandaises : le cas de Déogratias Mushayidi

Déogratias Mushayidi, nous venons de le voir, est l’un des auteurs bien informés qui révéla avec beaucoup de précisions ce que le pouvoir rwandais veut cacher. Arrêté en Tanzanie avec les pièces d’identité burundaise, il a été rapatrié au Burundi puis déporté au Rwanda depuis le 06/03/2010. Il est l’un des premiers à avoir révélé au monde « les secrets du génocide rwandais, enquête sur les mystères d’un président » (ouvrage publié en novembre 2001 aux editions MINSI en collaboration avec le journaliste d’investigation, Charles Onana). Il est aussi l’un des principaux auteurs du témoignage le plus complet, à notre avis, au sujet du « génocide rwandais, le peuple crie justice ».

Les circonstances de son rapatriement de la Tanzanie à Bujumbura au Burundi puis sa déportation de Bujumbura à Kigali au Rwanda serait l’œuvre des services secrets rwandais. Quand le pouvoir rwandais a décidé de prendre en otage Mushayidi Déogratias, il veut à tout prix cacher les affres du kagamisme, étouffer la vérité sur les éléments de preuves que détient Mushayidi au sujet de cette macabre planification du génocide rwandais à Kampala et la préparation des guerres qui ravagent cette partie de l’Afrique centrale et de l’Est.

Nous ne savons pas encore où se trouvait sa famille au cours de son arrestation, mais il semblerait que son épouse a pris désormais le chemin de l’exil. L’on peut établir un parallèle avec les cas précédents pour affirmer qu’elle subira les pressions qui imposeront à Déogratias Mushayidi le même silence qu’ont observé feu Alexis Kanyarengwe, ancien président du parti du president Kagame, feu Seth Sendashonga, ancien ministre de l’interieur de Kagame, feu Lizinde Théoneste, ancien compagnon d’armes du président hutu Habyarimana puis de Kagame ensuite, le feu major Cyiza, et bien d’autres encore. Beaucoup d’autres, hutu et tutsi ont été contraints à l’exil, et tous les pays qui ont accueilli les réfugiés hutu avec une certaine bienveillance ont subi des menaces du pouvoir rwandais.

Jusqu’ou le kagamisme ira-t-il ?

Quand les services de Kagame ont pris en otage la famille de Joseph Sebarenzi après sa fuite du Rwanda, nos avions cru à une erreur de ses services secrets du pouvoir rwandais. Mais quand la famille de l’ambassadeur Kayumba Nyamwasa en poste est pris en otage par le pouvoir qui l’a mandaté dans le pays d’accréditation, l’Inde, on peut dire qu’il ya quelque chose de pourri dans la republique du kagamisme. Kayumba Nyamwasa est un des généraux rwandais recherchés par la justice française et espagnole, et maintenant (mars 2010) par le pouvoir qui l’a mandaté en Inde avant la levée de son immunité diplomatique. Il est accusé d’être le commanditaire des violences en cours dans la capitale rwandaise (février et mars 2010). On comprend que le pouvoir a franchi la ligne rouge. 

Quand Karamira Froduald, rapatrié de force depuis l’Inde (Bombay) via l’Ethiopie en juin 1996 et a été le premier fusillé publiquement le 24 avril 1998 au stade de Nyamirambo[1], là où il avait fustigé les assassins du président Mechior Ndadaye en octobre 1993, les rwandais ont compris que le guhora (le culte de la vengeance) avait repris ses droits en république du kagamisme.

Quand les chasseurs de présumés génocidaires rendent les femmes veuves et les enfants orphelins du vivant de leurs époux et pères (prisonniers d'Arusha, exilés pourchassées ...) en les envoyant en prison ou en visant à  les faire perdre leur travail et ainsi, priver de tout moyen de subsistance leurs familles, peu d’occidentaux comprennent lés dégâts que laisse dans ces familles, ce harcèlement moral, politique et judicaire que subissent ces victimes rwandaises qui ont fui la junte militaro-ethniste de Kigali. La subtilité perverse du kagamisme est ces accusations en miroir qui veulent que ce soit les intellectuels hutu qui soient taxés de planificateurs du génocide rwandais. Des procès en sorcellerie sont intentés en France, en Suède, en Allemagne, en Angleterre, aux USA, au Canada, etc…

Quand les familles des hutu au Rwanda comme en exil sont persécutées, nous croyions à la naturelle et normale répression des hutu du Rwanda réduits depuis 16 ans au silence absolu. Ils ont le seul droit de servir et mourir. Soit. Mais, … les tutsi du Rwanda commencent comprendre la nature de l’homme qu’ils ont porté au sommet de l’Etat.

Le terrorisme de Kagame est contre les nations en  général et contre la famille rwandaise en particulier. Le kagamisme vient de démontrer ces 16 dernières années qu’il ne recule devant rien. Hier, il inventait des crimes pour ceux qu’il a désignés désormais comme génocidaires, aujourd’hui il désigne de son index ceux qui l’ont aidé à semer le désordre planifié au Rwanda et au Congo comme criminels.

 

Josué Mavuemba Wamba

Droit de vérité, Devoir de Justice

www.rwamucyo.com, 09.03.2010



[1] En juin 1996, Froduald Karamira a été arrêté à Bombay, en Inde, et a été extradé vers le Rwanda. Son procès a débuté le 13 janvier 1997 devant la Chambre spécialisée du Tribunal de Première Instance de Kigali. Son avocat a demandé un report d’audience. Il a en effet affirmé n’avoir jamais pu rencontrer son client avant le début du procès. Le juge a donc reporté le procès au 28 janvier 1997. Le 14 février 1997, Froduald Karamira a été reconnu coupable des crimes de génocide, assassinat, association de malfaiteurs et non-assistance à personne en danger, et a été condamné à la peine de mort. La Cour d’Appel de Kigali a rejeté, en date du 12 septembre 1997, l’appel interjeté par Froduald Karamira contre ce jugement. Karamira a été publiquement exécuté par balle dans le stade Nyamirambo à Kigali le 24 avril 1998. Ce même jour, 23 autres personnes, dont Virginie Mukankusi, Déogratias Bizimana et Egide Gatanazi (cf. «ramifications»), ont été publiquement exécutées au même endroit et dans trois autres lieux. (http://www.trial-ch.org/es/trial-watch/perfil/db/legal-procedures/froduald_karamira_580.html).

 

 


 

 

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